Comprendre les fragilités
Sommeil & Alzheimer : un podcast pour démêler le vrai du faux


Le sommeil joue un rôle clef pour notre santé, et notamment celle de notre cerveau. Différentes études ont d’ailleurs établi un lien entre sommeil et maladie d’Alzheimer. Mais qu’en est-il exactement ? Et comment améliorer la qualité du sommeil ? Les explications du docteur Géraldine Rauchs, directrice de recherche à l’Inserm spécialisée en neurosciences, dans le podcast de la Fondation recherche Alzheimer.
D'abord, le sommeil n’est pas identifié comme un facteur de risque de la maladie. En effet, les résultats des travaux de recherches ne sont pas suffisamment probants. Certains montrent que dormir peu accroît le risque de développer la maladie d’Alzheimer, d’autres que ne pas dormir suffisamment a les mêmes effets, explique Géraldine Rauchs.
En clair, il n’est pas possible de donner aujourd’hui un message de prévention clair. Cela étant, les chercheurs ont récemment trouvé une nouvelle fonction du sommeil, celle d’éliminer les déchets toxiques dans notre cerveau. Or la maladie se caractérise par la présence de plaques amyloïdes, des dépôts de peptides amyloïdes bêta (Aβ) dans le cerveau.
Quelques conseils pour améliorer la qualité du sommeil
Quoi qu’il en soit, améliorer la qualité de son sommeil aura de toute façon des conséquences positives sur la santé en général.
Géraldine Rauchs partage plusieurs conseils dans le podcast :
- Connaître ses besoins de sommeils : certaines personnes n’ont pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil, six heures par nuit peuvent suffire.
- Connaître les facteurs qui fragilisent le sommeil : faire de l’activité physique tard le soir, par exemple, fait monter le corps en température, or le corps a besoin de refroidir pour trouver le sommeil, il est donc préférable de pratiquer plus tôt dans la journée.
- S’exposer à la lumière du jour : cela permet de synchroniser notre horloge biologique, mieux vaut donc aller se promener dehors que de faire du sport dans une salle.
- Éviter les écrans : la lumière bleue inhibe la production de mélatonine, et donc différer l’endormissement. C’est pourquoi il est recommandé d'arrêter de surfer sur son téléphone au moins deux heures avant de se coucher, pour que le sommeil ne soit pas perturbé.
- Ôter toute stimulation de la chambre à coucher : laisser la télévision dans le salon, mettre son téléphone en mode avion…
- En cas d’insomnie, préférer la thérapie cognitivo-comportementale aux somnifères.
- Éviter de rester au lit si le sommeil ne vient pas.
- Faire la sieste, mais une sieste courte, quand on n’a pas suffisamment dormi la nuit précédente. Des siestes longues (plus d’une heure), ou plusieurs siestes par jour traduisent en revanche un dysfonctionnement au niveau des rythmes.
Et pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ?
Plus la maladie avance, plus les troubles du sommeil vont augmenter, jusqu’à l’inversion des rythmes veille/sommeil, épuisante pour l’aidant.
Essentiel, alors, que l’aidant puisse se faire aider pour ne pas être sur le qui-vive en permanence. Et ne pas hésiter à faire la sieste quand son proche est calme.
Et pour faciliter le sommeil, établir un rythme, un rituel apaisant avant le coucher : écouter de la musique, regarder des photos… Une ambiance sereine permettra en outre d’apaiser les angoisses vespérales, ces angoisses du soir courantes dans la maladie.
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